Sukiyaki

Un truc très marrant m’est arrivé il y a quelques jours. Je faisais des exercices sur Duolingo, en japonais, comme tous les jours, et il y avait une phrase qui revenait tout le temps et qui m’énervait bien parce que je la trouvais stupide: « Je regarde vers le haut en marchant. » Bon, me suis-je dit, Duo utilise assez souvent des phrases stupides pour me faire apprendre une règle de grammaire, rien de nouveau ni de bien grave.

Le lendemain soir, j’écoutais comme tous les soirs mon bouquin audio, Abroad in Japan, quand le narrateur (jeune Anglais enseignant l’anglais au Japon) a raconté qu’un soir, il était dans un bar karaoke avec des amis, et que ce soir-là, ses amis l’ont forcé à aller chanter un truc! Il parlait très mal le japonais à l’époque, mais heureusement que d’anciens profs d’anglais comme lui l’avaient prévenu: il devait apprendre à chanter une chanson hyper célèbre au Japon: Ue o muite arukou, qui signifie « je regarde vers le haut en marchant. » Et il expliquait que c’était la seule chanson japonaise qui avait eu un énorme succès aux Etats Unis, en Angleterre, et dans plein d’autres pays en 1963, et que le chanteur, Kyu Sakamoto, était mort dans l’accident d’avion ayant tué le plus de monde dans l’histoire de l’aviation, en 1985. Et que donc, l’auteur de Abroad in Japan avait mémorisé cette chanson et avait pu la chanter au bar karaoké ce soir-là.

L’auteur explique aussi que le titre de cette chanson, « Sukiyaki, » est le nom d’une soupe japonaise délicieuse qui n’a strictement rien à voir avec le thème de la chanson mais qui était à peu près le seul mot japonais que les anglophones pouvaient reconnaître et prononcer correctement, et que donc c’était devenu le titre officiel en « anglais » de la chanson.

Duo voulait donc m’inculquer quelques bribes de culture, mais comme il ne m’avait pas expliqué le truc, j’aurais toujours pensé qu’il était juste un peu con. Et je me demande combien d’autres références culturelles j’ai raté comme ça!

(Une autre référence culturelle que j’ai failli rater c’est quand ma soeur a eu tout un chapitre sur les démons et les dieux, et que deux phrases disaient notamment « je vais jeter des pois secs aux démons, » et « je vais jeter des concombres aux démons dans la rivière! » Grace à fesse-de-bouc et mes copines, nous avons appris que ce sont des traditions très sérieuses d’un festival de début février pour demander aux dieux de ne pas inonder les champs et de faire fuir les démons des rivières avec des concombres qui visiblement flottent très bien dans l’eau des rivières.) (J’en profite pour vous conseiller d’aller voir cette page en français qui raconte tout ça bien mieux que moi et vous apprendra un mot très important: Hiiragi Iwashi, ou 柊鰯, qui signifie tête de sardine plantée sur une branche de houx!)

7 commentaires sur “Sukiyaki

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  1. J’utilise la méthode Assimil pour mes cours d’allemand (que j’ai un peu arrêté ces temps) et il y a régulièrement des explications culturelles. C’est vrai que c’est dommage de passer à côté puisque ça fait partie de l’apprentissage de la langue.

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  2. Coucou,
    voilà la première fois que je prends le temps de venir par ici!
    Comme tu l’as peut-être vu je délaisse la blogosphère et n’écris plus chez moi qu’une fois par mois et encore, c’est peut-être moins…
    Te voilà donc dans le Japon 🙂
    J’ai découvert un très chouette magasin japonais à BX qui fait aussi de délicieux plats à emporter…
    Pour ce qui est de la langue… je me cantonne à l’espagnol 😉
    Bisous

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    1. Ahhh zut, je n’avais pas vu ton commentaire! Bienvenue par ici 🙂 Oui, ton blog me manque beaucoup!! Ca fait plus d’un an que j’apprends le japonais, c’est fascinant et horriblement difficile 😆 Et souvent, les mots me viennent en espagnol en premier!!

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