Dubliners

Je viens de lire un article du NewYork Times dans lequel l’auteure parlait de BookTok, un endroit où les gens parlent avec passion des livres qu’ils lisent. L’auteure explique qu’après les dernières élections (américaines, donc), elle a commencé à ressentir beaucoup d’anxiété, et aller sur les réseaux sociaux ou regarder la télé et Netflix n’apaisaient en rien cette anxiété de plus en plus angoissante. Elle s’est donc dit qu’elle allait lire pour le plaisir, est tombée sur BookTok, et a commencé à redécouvrir le monde de la lecture, ce qui lui a fait le plus grand bien. Elle explique aussi que de plus en plus de livres sont retirés des librairies et bibliothèques, et que la seule chose qu’on puisse faire pour résister, c’est de les lire. Et une question qu’elle posait dans l’article et qui divisait visiblement les foules sur BookTok était la suivante: est-ce qu’on peut vraiment dire qu’on a « lu » un livre si on l’écoute dans sa version audio?

Donc 1) je vais faire plus d’efforts pour lire plus, surtout cet été, 2) surtout des livres censurés; et 3) la réponse à la question est oui, bien sûr, quelle question idiote! Quand nos parents nous lisaient les contes et légendes des pays scandinaves ou de la Grèce antique, quand ils nous lisaient les neufs tomes de La petite maison dans la prairie et Bilbo le hobbit, on ne lisait peut-être pas les mots sur le papier, mais on faisait tout autant l’expérience de la « lecture » que si on tenait le livre dans nos mains! Écouter des livres audio aujourd’hui est peut-être un peu moins personnel que si c’était ma mère qui lisait le truc, mais j’ai toujours des images qui défilent dans ma tête et les pensées dans tous les sens, comme si mes yeux lisaient les mots sur la page, et ces livres ont tous un impact (positif ou négatif) sur moi, autant que si je les avais eus dans mes mains!

Bref, tout ça pour dire que j’ai essayé d’écouter Dubliners de James Joyce pendant mon voyage en Irlande. Au début, il y avait une grosse heure d’introduction à l’Irlande au temps de Joyce, à Dublin, à la politique et l’économie de ce pays à son époque, ce qui était passionnant. Et ce type disait aussi qu’il fallait arrêter de sur-analyser ce texte et simplement le voir pour ce qu’il est: un tableau de la vie quotidienne des habitants de Dublin à cette époque. Moi qui déteste les analyses de textes, j’étais ravie d’entendre ces mots! Mais ensuite, un autre narrateur que je n’ai pas du tout aimé a lu les histoires elles-mêmes et j’ai laissé tomber au bout de deux heures.

Est-ce que j’abandonne plus de bouquins que j’écoute que de bouquins que je lis électroniquement ou sur papier, à cause des narrateurs pourris? Je ne le pense pas, parce qu’il m’arrive aussi souvent d’écouter des livres que je n’aurais jamais choisis de lire, uniquement parce que j’en adorais les narrateurs ou narratrices!

7 commentaires sur “Dubliners

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  1. Je n’ai « entendu-lu » qu’un livre, écouté en voyage, mais tellement long que je n’ai pas pu connaitre la fin. Alors je l’ai acheté et relu depuis le début. Je trouve tout de même que ce n’est pas exactement la même chose de lire plutôt que de l’entendre, mais c’est mon propre ressenti. Pourtant je garde un souvenir indestructible de Nils Olgerson que ma mère nous lisait le soir, chapitre après chapitre, c’était un bonheur incommensurable.

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    1. C’est sûr que ce n’est pas exactement la même chose. Même avoir un livre en papier dans la main n’est pas la même chose que de lire un livre en version électronique. Peut-être que c’est impossible de répondre à la question sans se demander ce que signifie « lire, » pourquoi on « lit » un livre, et ce qu’on gagne à lire (ou écouter) un livre. Ca me fait penser aux cours universitaires: pourquoi ne lit-on pas simplement des livres au lieu d’aller en cours? Quel est l’intérêt d’écouter par rapport à l’intérêt de lire? Merdum, maintenant je pourrais écrire toute une thèse là-dessus, c’est malin 😀 (Et mon petit frère porte le nom qu’il porte à cause de Nils Olgerson, que ma mère adorait!)

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  2. I love reading books to children. I did it as a mother, and now I carry on as a grandmother. Unfortunately, kids don’t remain kids for ever 🙂. About « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède », I read it by myself. As a kid, I was offered many books, but nobody read them to me. Who knows? It could be why I’m unable to listen to a book 🙂.

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    1. For the time being, I’m reading « Asterix et les Normands » with Guillaume, hence my comment on Bleck’s new blog post 🙂. Of course, Guillaume who is thirteen could read this book by himslef but as there are lots of puns to understand, reading with me helps him to grap some of them. The others escape to both of us.

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      1. I am sure there is no wrong time to read a story to someone. When I moved across the US, a long time ago, in a very slow truck, my sister and aunt and I took turn driving AND reading aloud a book to keep ourselves awake and laughing. It was a memorable trip 🙂

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    2. My previous comment left without any authorisation. I wanted to write « grasp » instead of « grap » and the last sentence carried on puzzling me… and wham, the comment went to Kingston, Ontario.

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