The War Below

Les récents changements climatiques sont principalement dus à la hausse d’émissions de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, etc.), et la majorité de ces gaz sont liés à la production et consommation d’énergie (charbon, pétrole, gaz naturel), tout le monde est d’accord. Donc le monde s’est dit « trouvons des alternatives qui ne n’émettent pas de gaz, comme par exemple les voitures électriques. » Ouéééé, tout le monde était content.

Sauf que les voitures électriques et tous les gadgets électroniques qui nous entourent (téléphones, ordinateurs, panneaux solaires, etc.) contiennent beaucoup de métaux (cuivre, graphite, lithium, nickel, manganèse, cobalt) et autres éléments terrestres rares (ETR) (néodyme, cérium, lanthane, praséodyme, yttrium) qui proviennent de mines. Et on sait malheureusement (et je l’ai vu en personne) que les mines polluent aussi mortellement l’environnement!

Et donc que faire??

De plus, aujourd’hui, plus de 70% de la production de ces métaux et éléments terrestres rares vient de Chine et de pays africains. Or on le sait, ces pays ne sont pas les premiers à se soucier de l’environnement ni des conditions de travail (ni de l’âge!) de ses travailleurs. Les Américains ne sont pas friands des mines parce qu’ils aiment leur nature, leurs salaires, et leur sécurité, donc « laissons les autres détruire leurs pays et nous vendre leurs produits, comme ça NOUS ne contribuons pas aux changement climatiques. » En même temps, construire des avions militaires et des centrales nucléaires avec des produits chinois, ça n’est pas très sécuritaire!

Et donc que faire??

C’est la guerre moderne: qui produit quoi, comment, où, et pour qui? C’est de ça que parle ce bouquin extraordinairement intéressant (mais aussi parfois tellement détaillé que certaines parties sont assez chiantes).

Je vous raconte un exemple complètement dingue: dans les années 50, un gisement d’éléments terrestres rares (ETR) a été découvert dans le Nevada et est devenue la première (et seule) mine d’ETR aux Etats Unis. Quelques années plus tard, les Chinois ont découvert ces mêmes ETR chez eux, ont envahi le marché, et la mine aux US a fait faillite. Quelques années plus tard, la demande en ETR ayant augmenté, certains politiciens Américains se sont dit « pourquoi ne pas rouvrir la mine du Nevada? » Ils ont donc mis la vieille mine aux enchères. Il y a eu deux offres: un type américain et une compagnie chinoise. Les Chinois ont gagné et ont rouvert la mine. Mais ils voulaient traiter les ETR chez eux, donc il fallait envoyer des milliards de tonnes de rocaille en Chine, et ensuite les Américains devaient ACHETER (à prix réduit mais quand même) leurs propres ETR aux Chinois. Ca a marché quelques années, jusqu’à ce que les Chinois décident de ne plus exporter leurs ETR à l’étranger parce que la demande locale grandissait exponentiellement…. et donc les Américains ne pouvaient plus leur acheter leurs propres ETR! Ensuite, les Chinois ont remarqué qu’ils se faisaient plus de blé en vendant leurs ETR à l’étranger et ont donc rouvert le marché, mais quelques années plus tard, les Américains ont décidé d’arrêter d’acheter des ETR aux Chinois pour des raisons de sécurité, et ce faisant, ils se sont auto-interdit d’importer LEURS PROPRES ETR de Chine (qui venaient donc toujours du Nevada)!!! Complètement ubuesque, non??!! (Ceci est l’exemple d’une des histoires fascinantes racontées dans ce bouquin en une heure parce qu’incluant des milliards de détails que j’ai déjà oubliés.)

J’ai appris des tones de trucs sur les marchés financiers, les analyses des potentiels économiques, l’histoire minière et les régulations de différents pays (Australie, Brésil, Bolivie, etc.), le peu de gens intéressés à étudier le génie des mines, la manutention des matériaux excavés, la planification de la production, les méthodes d’excavation, la modernisation des équipements, la géologie des sites, les espèces en voie de disparition et autres défis environnementaux, les ententes (ou non) avec les populations autochtones, les différents types de mines, la restauration des sites, le traitement des produits chimiques et autres trucs toxiques, le forage et le dynamitage, Tiehm’s buckwheat, les problèmes de transports et d’énergie nécessaires pour la production, les systèmes de soutènement, les accidents miniers, les problèmes créés par la construction et le recyclage des voitures électriques qui est lui aussi extrêmement compliqué, cher et potentiellement toxique, les groupes environnementaux, les permis, les ventes et achats de terrains, la ventilation, la santé et la sécurité des travailleurs et habitants locaux, les changements de législations (parfois très surprenantes!) signées par différents présidents américains, etc. C’était fascinant! Souvent chiant, mais absolument fascinant!

10 commentaires sur “The War Below

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  1. Fascinating but also pitiful. For instance, the peace agreement between the democratic republic of the Congo and the republic of Rwanda which has recently been signed in Washington is intended to help Donald and some good friends of his to get hold of the many rare earth elements you can find there.

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  2. Coucou, oui ça doit être absolument intéressant de lire/écouter ce genre d’ouvrage.
    La situation est tellement ubuesque partout dans le monde… Merci pour ces informations.
    Pour info, la dénomination des ETR en français de France est « terres rares » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_rare
    Pour apporter de l’eau à ton moulin : l’entreprise de mon mari veut imposer le renouvellement du parc des voitures de fonction par des voitures tout-électrique (même pas le droit aux hybrides). Bien sûr, ça vient du gouvernement français, et donc de l’UE. Les employés sont tous contre, pour tout un tas de raisons, ne serait-ce que parce que la première borne de recharge, pour nous, est à 5 kms de notre maison (donc il faudrait que je le dépose à la borne avec ma voiture et que je retourne le chercher une fois la charge finie encore avec ma voiture…)

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    1. Pas étonnant qu’on utilise des mots différents en France et au Canada 😉 Et pour une fois, j’ai vérifié, les Suisses utilisent le même mot que les Français! C’est dingue qu’une compagnie puisse forcer la main comme ça à tous ses employés! Il n’y a pas beaucoup d’information sur la pollution créée par ces mines et ces nouveaux joujoux « verts, » parce que ce n’est pas très politiquement correct d’en parler. Mieux vaut foncer les yeux fermés et ENSUITE essayer de réparer les dégâts…

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      1. J’ai entendu récemment que « l’on » était en train de revenir sur l’utilisation des éoliennes comme alternative soit-disant écologique aux énergies fossiles. Parait-il qu’elles ne sont pas rentables (lol). Donc après en avoir planté un peu partout et après nous avoir rebattu les oreilles de ces éoliennes, disant qu’elles allaient sauver la planète, eh bien finalement « on » se rend compte qu’elles posent plein de problèmes (pourtant montrés du doigt depuis vingt ans aussi par leurs détracteurs). Comme quoi, « on » peut se tromper…
        Malheureusement, les dégât écologiques causés ne sont pas réversibles, on en tout cas pas de si tôt, et les milliards dépensés ne seront pas remboursés.
        Donc, restons prudents dans nos choix du quotidiens et ne nous précipitons pas trop vite sur les solutions présentées comme la panacée…

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        1. Oui, je ne suis pas contre les nouveautés technologiques mais je pense qu’il faut aussi écouter les gens qui parlent des problèmes qu’elles peuvent créer. Comme par exemple l’IA générative…

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  3. Ah, la voiture… On est devenu tellement dépendant de ce moyen de transport! Il faudrait repenser l’organisation des villes et tout un tas de choses pour réduire déjà cette dépendance, réduire les déplacements étant un autre moyen de réduire les émissions liées aux déplacements. La marche (forcée) vers le tout électrique ne me paraît pas du tout une bonne idée.
    (Bismarck)

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