Loop Tracks [fr]

Quand je devais avoir 8-9 ans, mon parrain m’a offert un spirographe. J’ai adoré ce truc mais je ne sais pas du tout ce qu’il est devenu. Mes parents l’ont probablement donné à Emmaüs lors d’un déménagement ou d’un autre. J’aimerais bien en avoir un aujourd’hui, ça doit être très relaxant de tourner mon crayon encore et encore et de voir une forme magnifique être créée à partir du chaos initial.

C’est comme ça que se déroule l’histoire racontée par Sue Orr, en boucle, du passé au présent au passé au présent etc., jusqu’à dessiner une image complète. C’est l’histoire à la fois fascinante et triste d’une jeune Néozélandaise qui se retrouve dans un avion pour Sydney pour y avoir un avortement, mais qui, à la dernière minute, décide de ne pas y aller. Le reste du livre parle des conséquences de ce choix, de ce qui a mené à cette décision, des événements qui ont conduit à ce qu’elle se retrouve dans cet avion, de la suite de la vie de cette jeune fille et de sa descendance, de 1978 jusqu’à la pandémie.

J’avais parfois envie de donner des baffes à cette femme, mais je sais que je ne peux pas comprendre les raisons de ses choix ni sa façon de penser. 1978 a été une année particulièrement abominable en Nouvelle Zélande, puisque les avortements jusqu’alors tolérés venaient d’être re-criminalisés. La société était cruelle et injuste envers de nombreuses femmes qui se sont retrouvées dans des situations impossibles.

La façon dont cette jeune fille était traitée, par exemple, par ses parents, les voisins, les médecins, même les hôtesses de l’air, m’a brisé le coeur. Et la suite n’était pas facile non plus, même si la fin est remplie d’espoir. C’était une histoire de « et si j’avais fait ça au lieu de ça… » très édifiante et même parfois inconfortable puisque les conséquences de l’action de cette jeune fille sont parfois très difficiles à accepter. Ce n’est pas une histoire à la Hollywood, avec une solution facile ou romantique. Non, c’est une histoire qui secoue les conscience (même de ceux et celles « qui veulent bien faire ») et qui donne un aperçu percutant des conséquences des choix qu’on prend tant sur le plan individuel que sociétal.

J’ai beaucoup aimé les références à Jacinda Ardern dont je viens de lire le livre et qui était Première Ministre de la Nouvelle Zélande pendant la pandémie, et des décisions politiques difficiles de ces moments clés de l’histoire de la Nouvelle Zélande.

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