Conditional Citizens [fr]

L’autre jour, j’ai décidé de voir d’où venaient les auteur·es des livres que j’ai lus dans le passé, et j’ai demandé à ChatGPT de me donner les nationalités de toutes les personnes citées sur cette page. Ensuite, j’ai pris tous les livres de mes bibliothèques en photo (sauf les livres de cuisine, encyclopédies, dictionnaires, livres académiques, etc.) et demandé à ChatGPT de me faire une liste de tous les bouquins sur les photos et des nationalités de leurs auteur·es. Ca a pris un peu de temps, parce qu’il y avait au moins 20 photos, et il a eu un peu de mal avec les reflets sur les tranches et certains titres en français, mais en deux heures environ, j’avais une liste par pays, avec quelques erreurs et certaines personnes, comme Boucar Diouf, notés dans leur pays d’origine (dans ce cas le Sénégal) et dans leur pays d’adoption (mais je n’ai pas terminé de tout vérifier, donc si vous voyez des erreurs, n’hésitez pas à me le faire savoir). Les Etats Unis, le Canada, le Royaume Uni, et la France sont bien sûr en tête du classement, mais l’Islande, le Japon et la Corée sont aussi bien remplis, avec l’Australie, la Suède, l’Irlande, et la Nouvelle Zélande pas loin derrière. Il faut aussi dire que j’ai lu des milliers de livres dans ma vie mais que je me suis débarrassée de la moitié de mes collections à chaque déménagement, donc j’ai très certainement lu des oeuvres d’auteur·es d’autres pays mais je ne m’en souviens plus.

Bref, tout ça pour dire que j’avais envie d’essayer de lire des livres écrits par des auteur·es venant d’autres pays, et j’ai commencé avec une auteure d’origine marocaine (parce que mon pôpa est né au Maroc), Laila Lalami, qui vit depuis longtemps aux Etats Unis et a donc la double nationalité. Mais je considère que le pays (la langue, la culture, la famille, etc.) dans lequel on grandit laisse une grande empreinte dans notre vie, même si on vit ensuite plus longtemps ailleurs (je me considèrerai toujours principalement suissesse, même si je n’ai vécu en Suisse que 15 ans alors qu’au Canada 20 ans).

Si j’ai trouvé le livre Citizenship (discuté précédemment) trop théorique, ce livre-là, Conditional Citizens, était la suite parfaite parce qu’il démontrait très précisément et avec beaucoup d’exemples profondément déprimants les théories de l’autre bouquin.  

Conditional Citizens est un livre qui, à travers le récit de Lalami sur sa vie au Maroc et aux Etats Unis, ouvre les yeux sur le monde de l’immigration, l’importance de la couleur de la peau, le pouvoir du passeport qu’on possède, et l’hypocrisie des gouvernements des plus grandes puissances (les super-citizenships, comme les appelle Kochenov) qui font trimmer les immigrants avant de parfois (rarement!) leur accorder la nationalité pour ensuite les traiter comme des citoyens de deuxième classe. Ce n’est pas un livre joyeux ni facile, puisque Lalami explique toutes les façons dont les pays peuvent traiter leurs citoyen.nes de façons différentes et injustes, mais c’était passionnant.

En fin de compte, quand Lalami compare la façon dont les citoyens du Maroc et ceux des Etats Unis sont finalement tous organisés en castes, en hiérarchies (hommes vs. femmes, blancs vs. noirs, etc.), elle ne semble pas conclure qu’un pays soit vraiment mieux qu’un autre.

Un commentaire sur “Conditional Citizens [fr]

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  1. Le bateau, il monte la garde sur le Lac Ontario pour empêcher une invasion d’Etats-Unien·nes?
    (Je crois qu’il y a quand même des pays où il vaut mieux être citoyen.ne de seconde zone plutôt que d’être resté dans son pays d’origine; pense aux femmes afghanes, par exemple…)

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